mardi 20 février 2007

Nuit mouvementée à Union

Bruno

Passage des Tobago Cays à Union – 19 février – 7,5 miles

Petite traversé sous la pluie avec à peine 10 nœuds de vent du Nord ! Des conditions météo encore jamais observées en trois mois. C’est un front froid qui a frappé le Sud des États-Unis pour ensuite balayer toutes les îles depuis Cuba (n’est-ce pas Marie ?) jusqu’au Venezuela. Une forte houle du Nord a suivi rendant très rouleuse plusieurs des baies habituellement bien protégées sous le vent des îles.

L’arrivée au mouillage très encombré de Clifton Bay (Union) s’es avéré plus compliqué que prévu alors que le vent rendu au WNW grimpe d’un cran et que les boatboys nous harcellent pour nous vendre un de leurs corps-morts mal entretenus à gros prix. Pour les moins initiés, il ne s’agit pas ici d’un cadavre mais bien d’un bloc de béton immergé (ou autre poids lourd) sur lequel on a attaché une aussière (ou autre cordage atrophié) et une bouée qui flotte à la surface de l’eau et qui sert d’amarrage aux bateaux. Or, dans des conditions de grand vent, j’ai infiniment plus confiance en ma propre chaîne et ancre. Surtout lorsqu’on voit ce qui flotte à la surface – généralement deux ou trois vieilles bouteilles d’eau en plastique – on imagine assez bien l’état de la corde avec laquelle on devra attacher le bateau et la mauvaise nuit qui pourrait s’en suivre… Pour ceux qui ne connaissent pas cette histoire, j’ai déjà perdu Lucky Lady une fois l’an passé à Anguilla sur un corps-mort alors que je n’étais pas à bord. Je peux vous dire que je n’ai jamais trouvé les 4 chevaux-vapeur du moteur de l’annexe aussi inadéquats.

C’est parfois difficile de bien figurer l’évitage que fera le bateau sur une chaîne de 100 pieds quand on sait que les vents dominants de l’Alizé (Est) devraient tôt ou tard réapparaître. Nous avons bien dû nous y reprendre à 4 reprises. Mais cette fois c’était pour une bonne raison car, comme prévu, une fois la nuit tombée alors que étions au resto sur le point d’être servis, le vent continu de forcir et tourne de 100° dans le sens des aiguilles. Et bien les quelques 40 bateaux au mouillage dans la baie ont suivi le même 100° de rotation. Plusieurs ont dû quitter leur mouillage pour ne pas frapper un autre bateau… mais pas nous ! (Noter ici la fierté du capitaine.) La nuit de sommeil a tout de même été entrecoupée par des coups de vent et des grains très forts.







Les enfants ont beaucoup sympathisé avec les enfants des docks de Clifton. En jouant autour du bassin à requins dormeurs, Julien s’est fait un ami qui aurait bien aimé faire parti de notre famille pour les prochain 18 ans.



Une autre sympathique tortue qui avait élu domicile avec ses copines dans un resto-bar sur terre battue de Clifton. Elle aussi nous aurions bien aimé l’adopter.


Happyland c’est le resto-bar d’un rasta qui est venu à bout, pierre par pierre, ou devrais-je dire coquillage par coquillage, à s’installer directement sur la barrière de corail juste en face de Clifton. On raconte qu’il a même réussi à obtenir les permis de construction et d’opération de son petit îlet qui est maintenant très prisé par les visiteurs. Pour y avoir une place, il faut maintenant réserver à l’avance, en utilisant la VHF bien entendu.

samedi 17 février 2007

Les Tobago Cays à 63 ans !

Nathalie

MayreauTobago Cays – 17 février – 4 miles

Escale à ne pas manquer avec ces cinq petits îlots perdus dans une multitude de coraux protégés par une grande barrière de corail appelée le « fer à cheval» (Horse Shoe Reef).

De plages splendides, avec des fonds incroyablement clairs. Nous avons vu une tonne d’espèces de poissons, dont une raie et des tortues (que vous avez déjà vues plus tôt).

Quand nous avons aperçu la raie, nous sommes restés «figés» entre deux eaux. Elle était immense (au moins 1 mètre et demi de long). Nous avons profité de ce moment qui restera inoubliable.

Notre arrivée dans ce petit coin de paradis coïncide avec l’anniversaire de grand-papa qui a aujourd’hui 63 ans. Pour souligner l’occasion, rosé et mousse de foie de volaille, dorade grillé au BBQ achetée au premier boatboy rencontré, pâtes avec sauce au safran et fruits de mer et crumble (croustade) au coco et ananas frais pour dessert.

Super mouillage au bout du monde, loin de la civilisation, pas de village, pas d’épicerie, pas de téléphone, pas d’internet, mais beaucoup de bateaux ! (C’est le seul moyen d’y accéder) Nous y reviendrons sûrement en remontant vers le nord.












vendredi 16 février 2007

Passage à Mayreau

Bruno

Passage de Mustique – Mayreau – 16 février – 20 miles

Salt Whistle Bay est un charmant petit mouillage un peu encombré, bordé d’une longue plage dont la partie Nord, très étroite, nous permet d’apercevoir la mer plus agitée de l’Atlantique. Longue baignade avec les poissons, petite sieste sur la plage, et encore un souper à la belle étoile.

Malheureusement, encore ici, c’est un richissime club privé qui possède toute la baie (le Salt Whistle Bay Club) et qui nous rappelle à tous les trois cocotiers qu’il nous est interdit de nous balader ailleurs que sur la plage.

Mais impossible de rester plus d’une nuit à Mayreau, tellement les images paradisiaques de la prochaine étape que nous avons vues dans les livres nous appellent. Les Tobago Cays sont juste à côté, à un saut de puce à l’Est.









jeudi 15 février 2007

Mustique, l’île aux milliardaires

Bruno

14 février - Petite traversée de Bequia à Mustique - 13 nm dont la moitié au près serré sous un soleil radieux.Coup de coeur instantané en arrivant dans Britannia Bay, eau exceptionnellement claire, plage déserte surmontée de quelques bateaux de pêche multicolores, cocotiers partout, des milliers de poissons visibles du bateau et pas un boatboy à l'horizon. Mustique me rappelle un peu l'émission Fantaisie Island dans laquelle tout le monde se déplaçaient en voiturette de golf et où un petit nain incrédule s'exclamait à chaque début d'émission en voyant l'hydravion arriver : Boss ! Boss ! The plane, The plane ! On dirait un terrain de golf tellement tout y est beau et presque parfait. Même les habitants qui de toutes évidences ne sont pas des milliardaires (loin de là) semblent heureux et intégrés à ce va-et-vient d'avions privés et de bateaux luxueux.
On dit même que Mick Jagger et David Bowie y viennent régulièrement.


L'île abrite une quantité importante d'animaux dont nous avons eu la chance de croiser la route. Une chauve-souris a même passé une partie de la nuit dans le bateau à bouffer nos bananes. C'est Nath qui m'a réveillé avec un : j'entends du bruit dans la cuisine...!!! Une anglaise nous a confirmé qu'on les appelle les «fruit-bat», parce qu'elles font le tour des bateaux au mouillage pour trouver leur collation de la nuit.




Comble de bonheur : un marché de poisson sur la plage dans lequel on trouve un thon à notre mesure (il faut acheter le poisson au complet) alors qu'un sympathique et attachant pêcheur nous le prépare à la bonne franquette.



Nous profitons de la présence du nouveau gardien (grand-papa) pour s'évader un peu sur la plage.